mardi 17 novembre 2015

Sept jours plus tard

Cher lecteur, ma plume ce soir est quelque peu alourdie. Pour plusieurs raisons.

Je ne sais pas pourquoi cette semaine en particulier a été choisie. Mais je crois que je viens de passer les sept jours les plus chargés en émotion de toute ma vie. Depuis mardi dernier, j'ai pris des gros coups au moral. De la date d'anniversaire de la mort d'un des mes amis aux attentats que j'ai vécus impuissant de l'autre côté de l'océan en passant par l'annonce du décès d'une de mes plus vieilles idoles, sans doute l'un des meilleurs joueurs de rugby de l'histoire, Jonah Lomu. Je me souviendrais toujours de cette demi-finale de Coupe du Monde de rugby 1999 regardée dans le salon de mon arrière-grand-mère dans le fief familial allemand avec des nombreux parents. Ce match au cours duquel le grand Lomu avait foulé aux pieds le XV de France avant que les Bleus ne réussissent l'un des plus beaux matches de leur histoire. Depuis ce jour, j'ai toujours voué une crainte respectueuse à cette équipe des All Blacks et de savoir que ce joueur qui semblait innarêtable sur un terrain de rugby s'éteint à 40 ans m'attriste d'une manière que je ne saurais décrire. Tout ces éléments pris en compte, je serai tenté de dire que j'ai passé une (pardon) pu**** de semaine de merde.

Mais. Mais.

Mais j'ai vu le stade de Wembley, le temple du football anglais, et donc de l'ennemi héréditaire chanter la Marseillaise. J'ai vu les terrains de NFL et de NHL se parer des couleurs bleu, blanc et rouge alors que le mois de novembre est traditionnellement réservé aux couleurs des militaires américains. J'ai vu tous les sports du monde rendre un hommage poignant aux victimes de ces horreurs. J'ai vu un footballeur italien pleurer en enfouissant son visage dans un drapeau français pour célébrer un but. J'ai couvert pour le journal de la fac une finale provinciale de football canadien universitaire gagnée à la dernière seconde depuis la loge de presse. J'ai pu prendre une photo avec la coupe de champion du Québec, bien cachée sous un tas de vêtements. J'ai pu faire une interview d'un des joueurs champions en direct à la radio. J'ai bu des bières avec des potes, j'ai été voir l'ami Gilles​ faire le mariole sur scène avec son saxophone, j'ai marqué mon premier but officiel en carrière avec mon équipe de soccer. Et j'ai été voir une victoire des Canadiens de Montréal sur un but en or dans la patinoire tout en mangeant une poutine, ce qu'on peut qualifier de rêve d'une vie.

J'avais promis à mon oncle Matthieu en partant, qui est en quelque sorte mon guide spirituel dans le journalisme, que je réserverais ce blog à raconter mes expériences sur place, que ce ne serait pas un journal intime mais pas intime. Pour une fois, je vais passer outre cette promesse. Parce que ce soir, j'ai besoin de mettre tout ça sur papier, enfin, sur pixels, pour me soulager. Vous connaissez pour la plupart mon frère Louis, vous savez combien il aime parler tout le temps. Eh bien ce soir, c'est moi qui raconte ma vie. Parce que si vous lisez ce blog c'est que vous tenez un petit peu à moi (ou alors vous tombez sur ce post par hasard et vous vous demandez bien qui est ce taré sentimental qui écrit des romans sur ses états d'âme) et donc que je tiens aussi à vous. Je ne finirais pas par mon traditionnel "à tantôt", ni par un "je vous aime" quelque peu excessif. Simplement,

Vivez la vie !

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire