Même à l'autre bout de l'Océan Atlantique, il est difficile de se défaire de ses vieilles habitudes. Quelles habitudes cher lecteur ? Eh bien, déjà, celle de dormir avec les rideaux ouverts mais, en l'occurrence, cela n'intéresse personne. Non, en revanche aller regarder un match du Paris-Saint-Germain dans un bar malgré six heures de décalage horaire, ça, c'est une expérience qui vaut la peine d'être racontée.
Me voici donc, à peine une semaine après avoir débarqué, à rechercher sur Internet le bar le plus proche qui diffusera la rencontre entre Montpellier et Paris. Ô joie, il y en a un à un petite demi-heure de l'appartement. Coup d'envoi 20h30 en France, 14h30 ici. Et me voilà dans "Le Laurier", bar un peu caché à l'angle d'une rue (rue Laurier, comme par hasard) mais avec un capacité étonnamment grade une fois rentré dedans.
J'étais arrivé un peu en avance, la page de l'événement sur Facebook affichait 145 participants prévus. Nous n'avons été que 12 au maximum mais l'ambiance était là. Une très grande majorité de Français compose le public. Seul un Québécois (si l'on se fie à l'accent prononcé) se distingue parmi la foule de supporters. Les autres sont des anciens parisiens ayant atterri à Montréal. Le responsable de tout ça, c'est Alexis. Il m'explique en préambule de la rencontré qu'il est arrivé il y a 5 mois à Montréal après avoir laissé le brouhaha parisien pour la tranquillité canadienne. Il est responsable d'une équipe de football dans le quartier Rosemont, au Nord-Est de Montréal, et il espère monter une équipe dans les hautes sphères des championnats locaux. Quand j'aborde la question des 250 mille personnes inscrites sur la page Facebook (tout de même), il réplique que ce sont pour la plupart des gens à Paris qui sont passé par Montréal à une époque. Ce qui explique le fort nombre de participants prévus : la majorité n'a même pas vérifié que le rendez-vous était à Montréal.
La rencontre n'a pas été particulièrement intéressante en dehors d'une danse de célébration de Matuidi ressemblant à la démarche d'un poulet et un arrêt du poing de Kevin Trapp qui, après trois matches de Ligue 1, peut enfin affirmer qu'il a eu à sauver un tir adverse. 1-0, Paris leader, super. Moment cocasse lorsque la serveuse (seule représentante de la gent féminine pendant presque 55 minutes de match) a demandé pourquoi un premier but a été refusé au PSG et qu'Alexis lui a alors expliqué la règle du hors-jeu. Il y a des choses qui resteront les mêmes sur tous les continents.
Une fois le match terminé, je me retrouve dehors avec Alexis donc, un des ses camarades et plusieurs autres supporters qui ont quitté leurs bureaux à 14h pour venir suivre le match. Et là, j'en apprends un peu plus sur l'organisation locale du groupe. Le PSG Club Montréal a été créé il y a huit an par un Parisien débarqué ici (original). Ils sont officiellement reconnu comme club partenaire du PSG au Canada mais avec pour seul avantage de pouvoir se la raconter parce que concrètement, ça n'apporte rien d'après Alexis. Le groupe avait même un bar avec qui ils étaient partenaires : le Parc des Princes. Oui, c'est quand même assez clair comme nom. Sauf qu'étant trop axé PSG et football, le bar n'arrivait plus à boucler ses fins de mois et faisait payer les entrées pour les matches. Résultat, désertion des supporters et clé sous la porte cet été. Il a alors fallu trouver un point de chute : Le Laurier. Le bar est assez connu des amateurs de sports de la ville et diffuse évidemment tous les matches du Canadien (vous vous rappelez ? On a dit que ça maintenant il fallait comprendre que c'est l'équipe de hockey). Un habitué m'explique que lors des playoffs à la fin de la saison de NHL, le bar est rempli une heure avant et les clients roulent sous la table trente minutes avant la mise au jeu.
Le PSG Club Montréal a donc réussi à négocier la diffusion de tous les matches du PSG sur écran géant au Laurier. L'avantage est qu'avec le décalage horaire, le bar est souvent vide au milieu de l'après-midi et cela ne risque pas de perturber les matches de hockey une fois que la saison aura commencé. Par contre "Qui veut venir le dimanche après-midi s'enfermer dans un bar quand il fait beau ?" s'interroge Alexis. Ce à quoi tous les gens autour ont répondu en le for intérieur en souriant : "Ben, moi !"
L'ambiance ayant été fort agréable, je décide d'y retourner dans une semaine pour la réception de Monaco à Paris. Et cette fois-ci, grâce à William qui va faire office de transporteur, j'aurai la tenue appropriée : maillot +écharpe ! Un cliché qui viendra évidemment enrichir ce blog.
Vous savez tout de cette folle après-midi. A tantôt !
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